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LE MÉTROPOLITAIN - News

« Passport Duo » veut donner un autre goût de la musique classique française
February 03 2010
by François Cavaillès

La pianiste Nadia Boucher et le violoncelliste Samuel Bisson forment « Passport Duo », un nouveau duo torontois à recommander à tous les amateurs de classique. Depuis l’an dernier, ces jeunes virtuoses enchaînent les concerts thématiques à Ottawa et à Toronto en variant surtout le pays d’origine de leur musique. Ainsi après la Russie et l’Allemagne, ils se concentrent sur la France avant de passer bientôt au Royaume-Uni.

« Cette idée de la série Souvenirs of the World était évidente pour nous, assure Samuel Bisson, 25 ans (à peine plus âgé que sa partenaire Nadia Boucher qui a 23 ans). En tant que musiciens, on remarque toujours l’origine de la pièce que l’on joue. On a même été étonné de voir que jamais une telle série n’a été faite. En plus, on a ainsi la chance de présenter et d’expliquer le contexte historique des pièces et l’importance des compositeurs. »

La partie instructive du concert peut se passer en anglais comme en français, les interprètes étant tout à fait bilingues.

Le duo originaire d’Ottawa sera en concert le 7 février prochain à partir de 14 h, à Toronto (Church of the Redeemer, 162, Bloor Ouest) pour interpréter des extraits d’œuvres de grands compositeurs de musique classique française comme Debussy, Bizet, Fauré, Franck et Saint-Saëns.

« En général, le public se fait une idée de la musique française à partir, par exemple, du compositeur Debussy. Une musique de couleurs et d’atmosphères. C’est sûrement vrai, reconnaît Samuel Bisson. Notre programme comprend d’ailleurs deux chansons de Debussy, Les Cloches et Beau Soir, écrites pour voix et pour piano, mais on veut aussi sortir du cliché et montrer les autres sortes de musiques françaises comme le baroque de Couperin et deux airs de l’opéra Carmen. C’est intéressant parce que dans Carmen, Bizet écrit ce qui se passe en Espagne. On voit que la France s’inspire de l’étranger. Et puis, en grosse pièce à la fin, on va jouer la sonate de César Franck, un compositeur né en Belgique, mais bien connu pour la musique qu’il a écrite au Conservatoire de Paris. C’était une musique française, mais sous forte influence germanique et si puissante! Les gens oublient que la musique française peut être comme ça, et pas toujours superflue ou suspendue. »

La sonate en question a été conçue pour le violon, mais « Franck lui-même a approuvé sa transcription pour le violoncelle », souligne Samuel Bisson, un musicien très friand d’arrangements.

« Il y a, poursuit-il à ce sujet, dans l’opéra Samson et Dalila de Saint-Saëns quelques airs pour mezzo-soprano que je joue sur la table qui leur revient. Ça peut sembler aigu pour le violoncelle, mais ça va avec cet instrument qui est souvent décrit comme le plus proche de la voix humaine. On le voit évidemment dans Carmen dont je reprends l’air du toréador, pour baryton. C’est beaucoup plus bas que pour Samson et Dalila. Avec cet instrument, on a bien toute la gamme de la voix humaine. »

Photo : Passport Duo

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