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LE MÉTROPOLITAIN - News

Les apprenants adultes cheminent vers l’autonomie
March 18 2009
by Luc Archambault

La Semaine internationale des apprenants adultes 2009 a eu lieu du 2 au 8 mars 2009. Elle a rendu hommage aux apprenants adultes à travers le pays et célébré la joie d’apprendre tout au long de la vie.

Partout au Canada et dans le monde se sont tenus des festivals et événements qui ont souligné l’apprentissage à l’âge adulte et l’alphabétisation. Tous ont partagé un même but : rehausser l’image des apprenants adultes et promouvoir l’apprentissage continu. Ils ont encouragé les gens à profiter des multiples possibilités d’apprentissage qui s’offrent à eux, leur rappelant que l’apprentissage à l’âge adulte est un puissant outil qui favorise le changement.

La Semaine internationale des apprenants adultes a été proclamée par l’UNESCO le 8 septembre 2000, mais bien avant cette date, plusieurs pays organisaient déjà des festivals soulignant l’apprentissage à l’âge adulte.

Ensemble, la Commission canadienne pour l’UNESCO et ses partenaires ont pour objectif de faire en sorte que l’apprentissage à l’âge adulte devienne une réalité plus importante au cours des années difficiles à venir, et ont pris l’engagement de promouvoir la culture de l’apprentissage tout au long de la vie à l’échelle locale, régionale et nationale. Ils participent activement à un mouvement international qui reconnaît qu’une éducation de qualité est un droit fondamental dont nous pouvons nous prévaloir pour nous épanouir en tant que citoyens du monde.

En 2009, la Semaine internationale des apprenants adultes a été célébrée dans près de 40 pays. La Commission canadienne pour l’UNESCO a célébré officiellement la semaine du 2 au 8 mars, avec l’appui de Ressources humaines et Développement des compétences Canada.

L’éducation est un droit fondamental inscrit à l’Article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Toute personne, sans aucune restriction quant à sa race, à son sexe, à son origine sociale ou ethnique, à son âge ou à son handicap, a droit à l’éducation.

La Commission collabore étroitement avec les organisations gouvernementales et non gouvernementales partout au pays en faveur de la paix, de la justice et des droits de la personne. Le travail mené par l’UNESCO dans la promotion du droit à l’éducation, du droit à la liberté d’expression, du droit de participer à la vie culturelle et de partager le progrès scientifique et ses bénéfices associe l’Organisation intimement à la vision de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Les changements constants et rapides qui surviennent dans le milieu de travail, dus en partie à la mondialisation et au développement continuel des nouvelles technologies, impliquent que la plupart des adultes devront fréquemment mettre à jour leurs compétences et en acquérir de nouvelles. De nombreux travailleurs se heurtent à des problèmes d’alphabétisation qui les restreignent à des emplois peu qualifiés. Des adultes dont les besoins en apprentissage et en développement de compétences sont les plus grands, et qui font face à des obstacles insurmontables, requièrent des possibilités d’apprentissage et de formation professionnelle disponibles et bon marché.

Un système d’enseignement accessible destiné aux apprenants adultes est souvent limité par l’offre ou par le coût. De nombreux facteurs tels que la race, le sexe, les handicaps et les origines ethniques et sociales y sont également pour quelque chose.

L’accès à l’éducation est essentiel à l’autonomisation des femmes dans le monde. Selon le Rapport de suivi mondial sur l’éducation pour tous 2008, un adulte sur cinq ne possède pas les compétences de base en littératie et les femmes comptent pour les deux tiers des analphabètes dans le monde. En fait, trois quarts de tous les pays, à partir desquels le Programme d’Éducation pour tous a fait des projections, ne réaliseront pas l’objectif fixé de réduire l’analphabétisme chez les adultes de 50 % d’ici 2015.

Des comptoirs offrant des services de programmes éducatifs et de mentorat situés dans les voisinages locaux constituent un premier pas vers l’acquisition de nouvelles compétences par les apprenants marginalisés. Ces programmes sont souvent susceptibles de s’adapter plus rapidement à l’évolution des tendances sociales. Les apprenants adultes requièrent des possibilités d’études qui les encouragent à mettre de côté leur crainte du changement et qui les aident à adopter une vision plus large des possibilités qui s’offrent à eux pour s’épanouir pleinement.

Forte du succès remporté partout au Canada par la Semaine internationale des apprenants adultes, célébrée au Canada depuis 2002, la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français (FCAF) était heureuse de tenir une rencontre du Réseau permanent des personnes apprenantes francophones les 12 et 13 mars à Brampton.

« Les adultes francophones ont le droit d’avoir accès, tout au long de leur vie, à des services, des programmes et des formations adaptés à leurs besoins, déclare Normand Lévesque, directeur général de la FCAF. Le développement social, politique et économique d’un pays comme le Canada repose sur la capacité à justement répondre aux besoins criants de ces adultes. »

La rencontre nationale présentée au Collège du Savoir a marqué le début d’un processus de réflexion sur le rôle du Réseau des personnes apprenantes au sein de la FCAF. Une vingtaine de centres d’éducation communautaire de partout au pays, hormis la Saskatchewan, ont discuté de l’établissement d’un comité d’apprenants au niveau fédéral sur une base permanente, afin de donner de la force aux revendications. Cette rencontre visait à établir à Ottawa une extension de l’activité tenue à chaque octobre nommée Alphabétis-action, où des apprenants sont jumelés à des politiciens de tout ordre (ministres, sous-ministres, simples députés) dans un effort concret de sensibilisation.

Puisqu’aucune autre province, à l’exception du Québec, ne possède de politique officielle face à l’éducation aux adultes, la survie des divers centres demeure toujours précaire, au gré des fluctuations politiques pas toujours favorables au fait français, d’où l’importance de la fondation d’un comité permanent d’apprenants au niveau fédéral. Un tel comité pourra faire valoir les revendications suivantes : défendre le droit à l’éducation aux adultes; susciter la participation des apprenants et des communautés touchées; démontrer les résultats concrets de l’alphabétisation des adultes; et finalement, encourager les personnes à lire et à écrire.

Photo : La Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français a tenu une rencontre du Réseau permanent des personnes apprenantes francophones les 12 et 13 mars au Collège du Savoir à Brampton.

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